Histoires de messes !

     

      Comment ne pas faire un retour sur son enfance sans évoquer ce passage obligé par le catéchisme et la messe du dimanche matin ! Quels souvenirs ! Mais vous, lecteurs, jeunes et moins jeunes, si je vous souffle à l’oreille un nom, un seul, je vous vois déjà frétiller d’impatience, d’étonnement et d’envie d’en savoir plus. Hé bien, patience, j’y arrive !

 

       Tout d’abord, avertissement aux lecteurs non éclairés ! Je ne veux pas ici faire un procès à l’Eglise. J’aimerais simplement que nos jeunes lecteurs (dont la plupart ne sentiront jamais ce parfum d’encens qui vous envahit l’esprit et que l’on n’oublie jamais, ne connaîtront jamais ces processions en longs cortèges auxquelles chaque enfant devait obligatoirement participer) découvrent ce que pouvait être une tranche de vie de notre enfance.

 

        Et puis, qui peut oublier la messe de minuit (qui avait lieu à minuit !) à laquelle nous allions avec tant d’empressement. Etait-ce l’excitation d’une nuit qui nous semblait magique, pleine d’espoir (de cadeaux) ou  l’arrivée de l’enfant Jésus ?

       Maman nous faisait  faire une sieste tardive, la bavaroise mijotait toute l’après-midi sur le feu à charbon. Ce chocolat chaud avec un peu de Kirch, nous ferait tourner la tête, allait nous étourdir. Le réveil était fébrile du lendemain matin…NON ,  le Père Noël ne nous avait pas oubliés !

 

      Mais revenons à mon propos, de cette envie de vous souffler un mot, un nom plutôt, un nom qui nous a tous fait frissonner quand nous étions enfants, à un âge où l’on croyait encore au Père Noël.

           

     Ce nom, je vous le livre : l’Abbé Jacques ! Sujet de nos tourments d’enfants, un de mes tourments d’enfant. Il est temps maintenant de soulager mon cœur, de calmer mes colères et vous raconter  «  mon  Abbé Jacques » .

 

     Le dimanche matin était toujours rythmé par l’heure de la messe à 11h30 , l’heure à laquelle on commence à avoir faim quand on est enfant, ( à l’époque pour pouvoir communier il fallait ne pas avoir mangé au moins une heure avant la messe , vous vous souvenez ? ). Cette messe était incontournable pour tout jeune qui allait au catéchisme et toute absence injustifiée était  catastrophique.

 

     A la maison nous étions cinq enfants et aller à la messe laissait le champ libre à maman et à mémé pour « laver le pavé », préparer le lapin aux pruneaux, la purée qui allait bientôt se transformer  en « volcan » dans nos assiettes (un petit trou au milieu de la purée, avec la sauce dedans) ! Pour nous, c’était surtout la seule occasion de sortie de la semaine, voire du mois, voire plus.  Je crois que c’était le cas dans bon nombre de familles à l’époque et c’est sûrement pour cette raison que nous étions si joyeux de pouvoir tous nous retrouver dans ce lieu sacré et mystérieux.

 

     Nous partions donc en habits du dimanche, prêts à affronter la voix forte de l’Abbé Jacques.  Je partais "gantée", une « bombe » sur la tête, prête à combattre.  Jeunes lecteurs, peut-être ne savez-vous pas, mais dans les années 60-70, les filles devaient encore avoir la tête coiffée d’un foulard ou de tout autre accessoire !  Maman avait eu la riche idée de me coiffer d’une « bombe » que nous allions acheter à St Quentin quand elle devenait trop petite. Je dois bien avouer que j’adorais cette sorte de casquette ! Les copines portaient le plus souvent un ridicule foulard, certaines un magnifique chapeau et je trouvais, il est vrai, l’idée originale qu’avait eue maman. J’étais la seule fille avec une "bombe"  et j’adorais. A l’époque je la remerciais de ne pas m’infliger ce ridicule « fichu ». J’aurais d’ailleurs aimé retrouver une photo de moi avec cette « bombe » mais la photo à l’époque n’était pas un réflexe de chaque instant comme aujourd’hui.

 

   L’Abbé Jacques accueille ses paroissiens ! L’église est pleine comme chaque dimanche, il se plante devant l’autel, commence la messe et stoppe net ! De mes yeux d’enfant, je sens que l’orage va éclater ! Les têtes se baissent, les chapelets s’agitent, un drame (un de plus) va se dérouler… L’Abbé est planté dans sa « maison » face à ses ouailles. Le silence est « mortel », même une mouche aurait suspendu son vol ! Son regard noir ne laisse aucun doute sur sa colère et sur la gravité de la situation !

 

 Un sacrilège vient d’être découvert ! Il glisse une main dans sa poche et s’avance en silence dans l’assemblée. Nos cœurs d’enfants s’accélèrent. Qui aujourd’hui va devoir subir comme souvent, l’humeur  de notre Abbé ? Ouf, il vient de passer mon rang ! Je suis sauvée pour cette fois (mais mon moment viendra plus tard). Il se glisse dans le rang derrière, sort un mouchoir de sa poche et vient le plaquer sur la tête de Claude Bochard ! Sacrilège ! Elle avait oublié de mettre son foulard et de couvrir sa tête ! Il déplie largement son mouchoir et oblige cette pauvre copine à garder ce chiffon sur la tête durant toute la messe ! Ce geste qui a sûrement fait sourire certaines dames patronnesses, a été porteur d’immenses colères bien contenues pour beaucoup d’enfants. La pauvre Claude  dont le coeur pleurait de cette honte publique,savait que le jeudi suivant au catéchisme, serait une séance de remontrances, de prières à réciter et de punition.

 

Rendez-vous un dimanche suivant pour une nouvelle messe « prometteuse »…

 

Comme à l’accoutumée le dimanche matin, l’effervescence règne à la maison. Les 5 enfants envahissent l’espace, la messe est à 11h30.

 L’église est distante (comme l’école) d’environ un kilomètre cinq cent, à l’autre bout du village et il nous faut, sans musarder, vingt bonnes minutes pour nous y rendre. Mais voilà, à la maison, nous ne vivons pas tous au même rythme ! Il y a ceux qui sont désespérément en retard (ma sœur en l’occurrence) et ceux qui ont une horloge dans le ventre et toujours en avance (moi en l’occurrence). Ce dimanche là, je suis sur le pied de guerre, gantée et bombée, prête pour un nouveau combat. Il suffit simplement que Betty (ma grande sœur !) soit elle aussi, prête pour m’accompagner. Et là, tout se complique  car ma sœur fait partie de ceux qui n’ont pas d’horloge dans le ventre ! (avec le temps, j’ai pu constater  qu’il s’agit d’une maladie  chronique dans les deux cas ! )

 

Elle est enfin prête et nous traversons le village au pas de course. Aïe ! Nous entendons les cloches ! Signe que la messe va commencer et que notre arrivée va être remarquée ! La messe est commencée, c’est sûr notre Abbé ne va pas rater l’occasion de rappeler que sa Maison n’est pas un moulin.

Nous arrivons toutes les deux sur le parvis et l’assemblée nous accueille en chantant. Le moment est celui où nous souhaiterions nous transformer en souris ; un rapide signe de croix, une belle génuflexion (le genou doit toucher le sol !) et nous nous faufilons entre 2 rangs. Nous sommes sauvées, la messe n’est pas interrompue, pas de remontrance, la journée sera ensoleillée !

Mais vous n’avez pas connu l’Abbé Jacques et ce curé avait plus d’un tour dans son sac ! La messe se poursuit donc sans vague et nous voici au moment de la communion. A l’époque, les enfants et l’assemblée venaient s’agenouiller devant l’autel en un rang et à cette époque plusieurs rangs parfois se formaient. L’enfant de chœur avançait pas à pas  et l’abbé le suivait et déposait l’hostie sur la langue. J’attendais donc, recueillie comme il se devait, à genoux, l’arrivée de l’abbé. Le voici, planté devant moi. Je joins les mains en signe de dévotion, je ferme les yeux, je dis « Amen » (je fais tout bien quoi !) et je tire la langue pour accueillir l'hostie ! Et là, ma vie d’enfant de 10 ans bascule ! L’Abbé me dit d’une voix haute et claironnante devant toute l’assemblée : « Retourne à ta place, tu n’as pas le droit de communier, tu es arrivée en retard » !

La honte est sur moi ! Je vous déteste, ma colère est immense.

Je rejoins mon rang, éplorée, sous le regard plein de compassion de mes copines et de celui toujours aussi approbateur de certains paroissiens. Quelle injustice pensais-je ; moi si bonne, si gentille, c’est vrai un peu  polissonne  ! mais est-ce un si grand péché que celui infligé par ma sœur : arriver en retard à la messe ? Le jeudi au catéchisme allait m’être réservé tout particulièrement, je le craignais fortement.

 

Jeudi arrive… déjà. Plus que jamais mes devoirs étaient faits et mes prières bien apprises (hé oui à l’époque c’était du sérieux le cathé !) et cette année était une grande année ! enfin, je devrais dire « aurait dû être une grande année ! » Mais tout va basculer bien vite.

 

A peine arrivée, l’Abbé Jacques m’interdit d’assister à la séance de « cathé » et m’annonce avec autorité, que du fait de mon retard, il m’interdisait de faire ma communion ! Cette communion tant attendue, tant préparée ! Hé oui Cher Abbé, à 10 ans votre parole nous arrivait comme étant celle de Dieu et votre sanction m’est donc arrivée en plein cœur. Dieu me punissait pour 2 malheureuses  minutes de retard alors que pour lui j’aurais tout fait pour ne pas rater la messe.

Et je me souviens comme si ce jour était hier, de mon retour à la maison. J’ai traversé tout le village en pleurant. Je me souviens que Jacques le maréchal ( son nom c’était Isèbe mais on l’appelait toujours Jacques le maréchal à cause de sa profession !) était sur le trottoir et qu’il me demanda le pourquoi d’un si gros chagrin et lui avoir raconté mon grand malheur. Ha ! Monsieur l’Abbé, vous ne savez pas à quel point vous avez été très méchant ce jour là. Pourquoi tant de dureté, de froideur alors que nous adorions ces rencontres dominicales. L’abbé n’est jamais revenu sur sa décision, il était seul maître à bord et il me fallut attendre l’année suivante au collège, pour pouvoir communier.

 

Heureusement, quelques temps plus tard, un nouveau prêtre est arrivé ! plus jeune, plus gentil, plus ouvert et son nom était rassurant  ! Avec lui, la guitare de François (mon frère)  est entrée à l’église, la chorale est rajeunie et Mme Marotte toujours à l’harmonium. Nous entamons quelques années d’une jeunesse insouciante où l’envie d’aller chanter à la messe allait de paire avec celle d’aller boire ensemble une suze après l’ « Eta missa est » chez Jean Bourse ou chez Bacquet (la 2e envie prenant le pas sur l’autre au fil des années !) et de nouvelles aventures se préparaient doucement avec un nouveau représentant de l’église : « l’Abbé Planque ». 

 

                                                                                                                   Frédérique

 

 

 

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