Enfant de choeur...pas toujours !

      Enfant de chœur …pas toujours !

     On a commencé par observer nos aînés  servir la messe, pour ensuite prendre fièrement le relais .

     Tout  cela le plus naturellement du monde. Le service était réservé aux garçons.

    Les filles chantaient à la chorale . Plus grands nous les rejoindrons avec François et sa guitare.

    Notre fonction, pendant la messe, pouvait nous amener à couper, dans la sacristie, les pains briochés en forme de couronne, offerts chaque dimanche  par une famille différente. Les morceaux de pain étaient disposés dans des corbeilles, bénis, puis offerts au cours de la messe, par un enfant de chœur qui passait dans les rangs. Le signe de croix  devait être fait avec le morceau de pain , avant de l’avaler. Certains s’en dispensaient. Certains en prenaient plusieurs ( heure de la messe : 11h30 ! ) et il nous fallait faire circuler les corbeilles rapidement de peur de ne plus en avoir lorsque tout le monde était servi : tout le monde avait faim !

    En rapportant la corbeille dans la sacristie, je me suis (comme nous le faisions tous)  rapidement « enfourné » quelques morceaux de ce bon pain et je me suis étouffé en toussant bruyamment . Tout le monde avait compris … je suis revenu , encore à demi étouffé et tout rouge, près de l’autel, la tête baissé. j’étais bon pour confesser cette faute la fois prochaine .

   Il était légendaire que les enfants de chœur goûtaient le vin de messe et les hosties …ce n’était pas une légende, mais pardonné puisque confessé .

  Yves et Hélier avaient parfois besoin d’aide pour sonner une messe. Notre poids, alors léger, nous permettait de remonter très haut, accrochés à la corde, avec le balancement des lourdes cloches.  Les baptêmes nous rapportaient un peu d’argent de poche, dans une petite enveloppe ou dans un cornet de dragées.

  Quand les hivers étaient froids,  les enterrements nous glaçaient les mains. Il fallait porter la croix et le bénitier , tout en passant lentement devant la maison sur le fronton de laquelle était inscrit «  Naître, Travailler, Mourir » pour arriver , enfin , au cimetière de St Cren .

                                                                                                                                                                                    DominiqueInnocent

 

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