La légende de la Sainte de Prusles !!

  Légende écrite par l'Abbé Decagny en 1865 et qui peut être consultée aux archives de Péronne

"Cette légende ne remonte pas au moyen-âge ; elle est presque de notre époque, quelques octogénaires contemporains en ont encore un parfait souvenir et il convient d'en perpétuer la tradition.

   Vers la fin du siècle dernier, naquit à Prusles une fille nommée Anne, appartenant à la famille delaigle, dont l'oncle était serviteur du Comte d'Artois (frère de Louis XVI devenu ensuite Charles X, né en 1757, décédé en 1836) et la tante, soeur d'école au village contigu à Mons-en-Chaussée. Cette tante se chargea de son éducation, et sa jeune nièce répondit pleinement par sa docilité, par son application et surtout par son éminente piété aux soins tout maternels qu'elle ne cessait de lui prodiguer. Elle ne la laissait retourner dans sa famille que pour y prendre ses repas, et du reste la gardait constamment à ses côtés afin de mieux sauvegarder le précieux trésor de son innocence.  La pieuse enfant avait atteint l'âge de douze ans et fait sa première communion lorsqu'un soir retournant vers sa tante avec son exactitude habituelle, elle fit une rencontre effrayante dont elle éprouva un saisissement extraordinaire qui tarit en elle, pour ainsi dire,  les sources de la vie. Elle tomba dès lors dans un état de marasme et de consomption, prenant à peine et rarement quelque nourriture, que son existence pendant vingt-huit ans devint un véritable phénomène. De temps en temps, après l'avoir prédit à l'avance, elle tombait et restait plusieurs jours dans un assoupissement léthargique qui ressemblait à la mort. La vie spirituelle de son âme paraissait s'accroître en proportion du dépérissement de son corps. Toute son existence fut désormais consacrée à des conversations édifiantes et à de pieuses lectures pour lesquelles à cause de son extrême faiblesse, un pupitre avait été placé devant elle. Dès lors aussi, au bruit de ce prodige, on venait en foule des pays environnants visiter la ville merveilleuse qu'on appelait communément "la Sainte de Prusles". A tous, elle adressait avec une humble modestie des paroles, des conseils plein d'édification. Son oncle, Monsieur Delaigle, rapporta toutes ces circonstances au Comte d'Artois, son maître, qui voulut voir le prodige de ses propres yeux. Il se rendit donc pour cet effet à Prusles, où il séjourna dans le château de Monsieur Foumet (ce château se trouvait derrière la ferme de Monsieur Vandamme là où se trouve le champ de Monsieur Deramecourt). Le roi lui-même, Louis XVIII, à qui il en parla, la fit venir à Paris, elle y fut l'objet d'un examen particulier de la part des plus habiles médecins, mais leur science se trouva en défaut devant le mystère d'une existence si opposée aux lois ordinaires de la nature. Elle revint donc avec bonheur dans sa faible solitude de Prusles et lorsqu'elle atteint la quarantième année, elle annonça à ses parents qu'elle allait de nouveau tomber dans un état d'assoupissement qui serait cette fois le véritable sommeil de la mort. Malgré cette prédiction, on laissé s'écouler un long intervalle de temps avant de lui donner une sépulture et son corps était réduit à des proportions si minimes qu'un cercueil d'enfant suffit pour la contenir. Elle avait prédit qu'après elle (environ 1770), il y aurait du changement dans sa famille ; ce qui arriva en effet à la grande révolution qui bouleversera tant de positions et de fortunes. Enfin, elle avait recommandé expressément de faire l'exhumation de son corps au bout de cinquante ans (1820) et qu'alors on verrait des choses extraordinaires...

   On n'en fit rien, on ne pensait même plus à cette Sainte fille dont le souvenir était presque effacé dans la génération nouvelle, lorsqu'il y a environ vingt-cinq ans (1840), une femme qui avant affermé l'herbe du cimetière (qui se trouvait entre l'église et le presbytère) se trouvant agenouillée sur sa tombe , en sentit tout à coup la pierre sépulcrale se soulever spontanément.

  Comme le curé était absent, elle courut toute éffrayée chez le maire de la commune et le ramena au cimetière avec plusieurs autres personnes, et le prodige se renouvela en leur présence. On forma alors le projet d'exhumation qui ne fut pas exécuté, et si cette pieuse légende doit avoir un dénouement, il appartient encore au domaine de l'avenir!..."

En 1840, le maire était Pierre-François Denis de Saint-Chren.

Le nouveau cimetière date de 1889.

Le moins que l'on puisse dire c'est que athées ou croyants, nos ancêtres n'étaient pas curieux!!

 

 

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